Lolita malgré moi

Lolita malgré moi

Je ne fais pas mon âge, c’est un fait.

Petite, à la voix calme et posée et au visage de poupée : signe distinctif des femmes de ma famille, en tout cas du côté maternel. Dont bien sûr, j’ai gentiment hérité. Mes amis, les amis de mes amis, mes rencards, mon boulanger, mon dentiste, la femme de mon dentiste, bref tout le monde s’accorde pour dire que j’ai un physique qui reflète en moyenne 5 ans de moins que mon âge sur le papier. Pire, l’autre jour on m’a demandé ma carte d’identité pour rentrer en boîte. Il y a quelques temps, même combat pour acheter un paquet de clopes au tabac du coin. Là, on passe la barre des 10 ans de moins. Et pour ne rien arranger, ma mère qui continue de m’appeler « ma puce » ou « mon bébé » selon son humeur du jour. COMMENT VOULEZ-VOUS QUE JE GRANDISSE ?! Alors que je devrais me réjouir en me disant que, quand j’aurai 40 ans on m’en donnera 30 et donc potentiellement pouvoir être une cougar sans en avoir l’air, je me retrouve plutôt mal à l’aise dans cette situation.

J’ai cette désagréable impression de manquer de crédibilité, que ce soit dans mes rencontres personnelles, de même qu’au travail. Je dois faire mes preuves plus que les autres. Que mon physique ne reflète pas qui je suis vraiment. Mais qui suis-je d’ailleurs ? Stop, ce n’est pas le sujet du jour.

Comme un air d’entretien d’embauche 

Heureusement, une fois passée la première rencontre, mon interlocuteur se rend vite compte qu’il n’a pas à faire à une bachelière promo 2016. Mais c’est parce qu’au préalable, je me suis contrainte à devoir lui prouver. Je me mets en tête de le convaincre que le physique qu’il a en face de lui n’est pas le reflet du cerveau qu’il abrite. Attention, il ne s’agit pas du dilemme de la Barbie qui veut convaincre qu’elle n’est pas qu’un physique mais aussi un esprit. Ce n’est pas de beauté dont il est question ici mais d’un physique en inadéquation de maturité avec l’état d’esprit de son occupant (vous suivez ?).

Seulement parfois, je n’ai pas envie de convaincre.

Et on aborde l’autre face du problème, qui me saute aux yeux seulement depuis peu et qui est que, s’entendre répéter à longueur de temps que j’ai l’air plus jeune, ça finit par rentrer durablement dans le cerveau et se coincer quelque part entre le manque d’assurance et de confiance en soi déjà bien présents dans mon caractère.

En d’autres termes, j’ai l’impression de ne pas avoir passé le stade qui va de la jeune femme à la femme tout court. Rien que le mot femme déjà, je m’y retrouve pas. « Je suis une femme », cela sonne bizarre pour moi. Bien sûr, pas en tant que genre, c’est une évidence à moins que l’on m’ait greffé une paire pendant la nuit.

C’est juste que j’ai l’impression d’être une imposture de femme de 28 ans !

Le terme est fort, je vous l’accorde. Je meurs d’envie de crier à mes détracteurs (car oui quiconque dont je fais la rencontre ose prononcer la phrase « tu ne fais pas ton âge », jette d’emblée un froid, mais comme je ne suis pas rancunière, certains sont devenus des amis) : « mais oui tu as parfaitement raison je n’ai pas 28 ans, j’ai 20 ans et tant de choses qui s’ouvrent à moi ! La première c’est la possibilité de ne pas faire ce Master sans issu, qui ne m’apportera qu’un enchaînement de stages (mais heureusement de belles rencontres) et aucun boulot à la clé ». Je m’égare. Mais on dirait bien que je souffre du syndrome de Peter Pan malgré moi. Je suis presque convaincue que je n’ai pas mon âge. Et ça risque de devenir dangereux cette histoire.

D’autant qu’à la base, il est utile de préciser que j’ai un état d’esprit assez jeune. D’un naturel plutôt enjoué, je suis toujours partante pour regarder un Disney en engouffrant le paquet de Haribo accompagnée de ma peluche bourriquet, mon fidèle allié.  Un toboggan dans le parc ? Dommage qu’il y ait des enfants dessus ! Et si seulement je savais encore grimper aux arbres comme je le faisais avant. Oh une coccinelle, vite un voeu ! Regarde le nuage là-haut on dirait le chien de la voisine !

Du coup, je me pose sérieusement la question : suis-je une femme parce que j’ai 28 ans ?

Mon physique n’est pas raccord avec mon esprit. Et ça me gêne d’en être gênée. Comme si être jeune était synonyme d’immaturité ! N’importe quoi ma fille…

Pour conclure, Jean-Claude, je décide que mon statut de femme sera effectif quand j’assumerai enfin ce décalage entre mon apparence, mon moi « physique » et mon moi « mental ». Comme à l’inverse les vieux, qui sont restés de grands gamins. Même si je suis aussi restée une grande gamine. Bref, c’est le serpent qui se mord la queue.

Cet article est un peu long mais il pose les bases de ce blog, comme une entrée en matière entre vous et moi. Je me dévoilerai petit à petit au travers de ces pages et de vos retours. Welcome on board !



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