Copains comme cochons

Copains comme cochons

L’amitié est une valeur refuge.

Face à des relations amoureuses difficiles à faire durer et à un marché de l’emploi peu engageant, la famille et les amis restent une assurance de stabilité qui aide au quotidien à surmonter les coups de blues. Et quand les amis deviennent ta famille, it’s even better.

The best

Et ca commence très tôt. Dès la maternelle, elle te prendra par la main et t’évitera de recevoir en pleine face le ballon de Benjamin, cet espèce d’idiot qui n’a pas compris que de cadrer en foot, c’est mieux. Elle te choisira en premier dans sa team « balle aux priso», troquera pour toi ton pain au lait contre la barre de Mars de Pauline, remplira ton agenda de cœurs et autres big bisous bien baveux et échangera ton Fan 2 contre le Star Club de sa grande soeur.

Surtout, vous commencerez à vous projetez ensemble. Oui, déjà à 6 ans. Vous vous imaginerez championnes du monde de gymnastique (c’est du vécu) alors même que vous avez du mal à faire une roulade en ligne droite. Vous vous lancerez des défis, comme celui de courir plus vite, grimper plus haut, tenir le plus longtemps en équilibre sur les mains. A cette époque, les garçons ne sont pas vraiment la priorité….

Vingt ans plus tard, votre principal défi serait plutôt d’arrêter de boire pendant 24H et de commander un coca à votre apéro de ce soir et sans planche de charcut’ s’il vous plait,  sinon c’est trop facile. Vous rabâchez, comme si c’était la première fois, vos déboires sentimentaux et elle vous soutient, quand vous envoyez sur un élan d’inconscience (thanks god mojito), un « coucou » désespéré à votre dernière target qui n’a, à priori, pas la même vision des choses que vous concernant votre futur commun.

Bitch please !

Mais il arrive que les choses se détériorent. Vous vous rendez compte qu’elle fricote avec des personnes sur qui vous aviez l’habitude de papoter en douce et ça vous fait mal. Vous vous sentez exclu et ne pensez pas mériter un tel mépris. Vous vous comparez aux autres, apprenez le rejet, la remise en question. Les premières ruptures qu’on vit sont souvent amicales et elles sont l’occasion de commencer à en apprendre plus sur soi, de grandir et d’affirmer sa personnalité. Un mensonge, un déménagement du jour au lendemain dans une autre ville, une phrase qui blesse puis plus tard, les études, de nouvelles rencontres et les habitudes de vies qui finissent parfois, par nous éloigner.

Friends of mine

Les coups de foudre amicaux ça existe et j’aime penser que je ne suis pas à l’abri d’en avoir encore. J’aime fonctionner à l’instinct. On se regarde, on se scrute (« on s’envisage, on se dévisage », merci Vanessa). Au premier regard on se retrouve, au premier rire on se dit qu’on a bien choisi et à la première sortie, le nouveau duo se valide. C’est clairement de la séduction mais sans le désir sexuel. On se plaît mutuellement, on est intéressé par l’autre et l’on sent qu’il/elle peut nous apporter quelque chose de différent et de complémentaire.

Parfois au contraire, ça bloque un peu au départ. Elle parle trop fort, vous êtes plutôt discrète, ca va pas le faire. Elle est fan de hip hop et vous d’électro, NO WAY.  Elle est en couple depuis 10 ans avec son mec alors que ca fait 10 semaines que vous attendez des nouvelles d’un Tinder qui vous a (semble-t-il car vous n’y croyez pas) rayé de son existence. Puis, petit à petit une complicité s’installe (elle rit à vos jeux de mots douteux et surtout ne vous juge pas quand vous lui dites que vous êtes retombée dans les bras de votre ex), les différences rapprochent et une belle amitié finit par voir le jour.

L’amitié c’est comme un cactus, ça s’entretien.

Heureusement que mes amitiés n’ont pas la tête actuelle de mes deux cactus car je serai sur le point d’avoir une liste de contacts téléphoniques proche de zéro. Même si en période de célibat, on a davantage de temps à consacrer à ses amitiés (sauf si on enchaine les cours de Zumba tous les soirs), être en couple ne doit pas devenir une excuse récurrente pour ne plus donner signe de vie. Qui est bien contente d’avoir des épaules sur lesquelles pleurer quand on a encore croisé la route d’un allergique de l’engagement ? Je me retrouve beaucoup dans l’article de Marie sur l’amitié et particulièrement quand elle dit qu’ayant été enfant unique, élevée en plus par une mère célibataire (ce qui est mon cas), ses amis sont devenus un point central dans son existence, « un truc fort et invincible qui ferait la nique à ma solitude d’enfance ».

L’amitié demande du temps, de l’investissement, des remises en question aussi. Mais surtout, elle mérite qu’on s’y attarde.

 



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