Lost in translation

Lost in translation

« Le couple est une chose fascinante, surtout pour les autres ».

Cette phrase, extraite d’une interview de Fabrice Luchini dans l’émission Vie privée Vie publique de Mireille Dumas en 2007 met l’accent sur une attitude à laquelle je donne beaucoup d’importance au quotidien : l’observation.

Grande rêveuse et amoureuse devant l’éternel, je voue un certain plaisir (autant que l’on peut adorer la glace aux Oreos ou savourer la nouvelle saison de Suits) à écouter et analyser la manière dont les autres, en l’occurrence mes amis (les amis de mes amis ça marche aussi), appréhendent et vivent leurs relations sentimentales. J’ai toujours aimé observer et m’imprégner de ce qui m’entoure, les paysages comme les gens, avec les yeux et oreilles grands ouverts de peur de rater quelque chose (tout cela dépendant bien sûr de l’intérêt visuel de l’environnement. Le Ponte Vecchio à Florence ça a forcément plus de gueule que Gare du Nord qui est elle, plus olfactive…).

Plus passive qu’active étant petite, je garde encore aujourd’hui des traces de ces longs moments passés à regarder Théo l’escargot manger sa salade et échanger sa bave avec Léa sa compagne. Et à bientôt 28 ans, l’une de mes principales réflexions (en dehors du boulot et du prochain pays à visiter) se concentre essentiellement sur l’Amour. Le grand, le vrai, le fort mais aussi le petit, l’inavoué, le non-conventionnel. Le beau et le moche. Celui qui vous lie à la vie à la mort ou celui qui vous détruit. Ça me passionne, autant que ça m’intrigue. Et vu qu’en ce moment je suis célibataire, j’ai encore plus de temps pour m’y consacrer. Et essayer de comprendre pourquoi je suis seule. Et donc pourquoi j’ai tout ce temps à perdre. Toujours là ?

C’est qui « les autres ? »

Les autres couples, qui se comparent forcément, de manière consciente ou non. Et ceux qui sont célibataires par choix ou non. Mon cerveau et moi, on a choisi l’alternance : un jour je choisi d’être seule et bien dans mes pompes, sans +1 aux birthday party mais +3 au niveau des cupcakes. Et l’autre fois, ma solitude prend le dessus, la tristesse et la colère se mélangent. Je suis alternativement triste d’être en colère puis en colère d’être triste. C’est assez épuisant. La plupart du temps, j’avoue, je subis. Un peu. Beaucoup. Putain de célibat. Putain de cupcakes.

Le test comparatif

Le couple a été pendant un moment pour moi un terrain de jeu, une expérience à tenter mais tristement ratée : habiter ensemble, dans un petit studio et au bout de quelques semaines ? Pas une bonne idée. Trop collés ? Euh « tu travailles chez UHU ? ». Trop indépendant ? « Ca va je te dérange pas ? C’était juste pour te rappeler que j’étais ta copine et que ce serait sympa de se voir une fois ce mois-ci. Si t’es dispo hein. » Sans parler du passé amoureux qui laisse certains traumatismes à vifs, de la belle-famille qui n’est pas toujours un cadeau, des interrogations de chacun sur le pourquoi de la vie, pourquoi je fais ce boulot, pourquoi j’habite dans cette ville de cons. Ca fait beaucoup de paramètres à prendre en compte. Et je me demande toujours avec une réelle curiosité comment les couples qui fonctionnent autour de moi font, pour s’arranger avec tous ces détails. Tous ces « je » et ces « tu » qui parviennent à faire un « nous » cohérent et en même temps pas chiant.

Pourquoi pas moi ? Ah oui je sais…

Mais il n’y a rien à faire, je suis foutue. Convaincue que le grand amour existe et viendra un jour frapper à ma porte (de manière métaphorique bien sûr, je ne dors pas « encore » sur mon paillasson). On se reconnaîtra : c’est lui, c’est moi. C’est nous quoi. Le problème c’est que dit comme ça, c’est pas hyper attrayant. Ca fait même carrément flipper. C’est là où je me dis qu’il faudrait plutôt continuer à observer et rester spectatrice au lieu d’entraîner l’élu dans un bourbier d’où il risque de sortir bien amoché. Car le souci, quand tu es célibataire depuis quelques temps et que tu as eu certaines histoires d’amour bien marquantes, c’est que tu ne te contentes plus du premier venu. Tu deviens E-XI-CHIANTE. Envers toi d’abord, puis l’autre ensuite. Et tu finis par penser comme Luchini :

 « Si je vivais en couple j’attendrais tellement d’être sauvé par l’autre. Car, si je vis en couple faut qu’il me sauve, faut qu’il fasse que la vie soit supportable, faut que je sois plus déprimé, faut que je sois plus un individu, je veux qu’il m’enlève de moi.  Je veux qu’elle me fasse un miracle ».

On est mal barré je vous dis.



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