What did you expect ?

What did you expect ?

« Comment est-ce qu’on en arrive là ? Alors qu’on tombe raide amoureux, qu’on rêve de passer chaque instant de sa vie avec l’autre, qu’on s’émerveille de chacun de ses gestes…et un beau jour tout part en fumée, pourquoi ? » (Sans un mot, Harlan Coben)

You know nothing John Snow

Pas plus tard qu’hier, je me suis faite larguée. Rien de bien original me direz-vous. Tristement classique comme épisode de vie. Là où ça devient un peu flippant c’est qu’il s’agit de la troisième relation qui prend fin en cette année 2016, décidément riche en rebondissements merdiques. Forcément, on commence à se poser des questions et à avoir des envies de meurtre face aux copines qui te balancent sournoisement : « Tu sais ce qu’on dit ? Jamais deux sans trois. » Putain d’expression qui ne ment jamais. Surtout, on en vient à maudire l’horoscope de Cosmo qui te prévoyait il y a un an, la rencontre du grand amour tant attendu. Et pourtant de cette dernière histoire, je n’en attendais pas grand-chose à ses débuts. D’autant plus que l’équation de base n’était pas la simplicité incarnée : la quarantaine, divorcé, père de deux enfants et accessoirement mon voisin du 3e. Oui, celui-là même que j’avais déjà évoqué précédemment. L’homme mystérieux. L’obsession. Le fantasme devenu réalité. Mon voisin EPISODE III : le retour du Jedi. Je comptais simplement me laisser porter doucement par cette nouvelle rencontre, profiter de ce qu’elle pouvait m’apporter de positif sans prise de tête inutile. Commencer sur des bases saines. J’avais eu tout l’été pour cleaner ce qui devait l’être, je savais ce que je voulais et ce que je ne voulais plus. Une femme forte, libre et sûre d’elle était née ! Je n’allais pas perdre mon temps avec quelqu’un qui ne me correspondait pas. Cette période était révolue. Une page blanche était à écrire.

C’est donc sans a priori particulier que je me lançais dans cette aventure. Au début, grisée par ce nouvel élan du cœur et les fameux petits frissons qui s’agitaient dans mon ventre avant de le retrouver, je savourai chaque instant comme si c’était la dernière fois que l’on se voyait. Frénésie d’appuyer sur le bouton de l’ascenseur pour rejoindre celui que j’ai considéré, trop vite semble-t-il, comme un homme qui s’inscrirait dans la durée. Tout aussi emballé dès le départ que moi par notre relation, il a, d’après ses dires funestes, laissé s’échapper les sentiments naissants et ne souhaitait donc pas continuer davantage l’exploration d’un « nous ». L’embryon de relation venait d’être tué dans l’œuf par ses paroles dévastatrices. Pour employer son expression (notons le mauvais goût de mélanger nourriture et mort d’un amour, surtout pour un mec qui cuisine des surgelés) : « la mayonnaise n’a pas pris ». Ou comment cogiter pendant des semaines après cette révélation traumatisante (et sur la manière de réaliser une bonne mayo). Comment ne pas se prendre la tête et se demander ce qui a bien pu clocher alors que tout avait si bien commencé. A quel moment les choses se sont-elles inversées ? Les sentiments peuvent-il s’évaporer du jour au lendemain d’un simple claquement de doigts?

(Quand je pense qu’il ronflait à s’en faire décoller la mâchoire, si ça c’est pas un VRAI prétexte pour rompre !). Bref.

J’attends donc je suis (en attente)

Il n’a pas seulement invoqué la perte des sentiments pour justifier sa sentence irrévocable mais également un autre argument qui pèse son poids en carottes : il ne pourra pas me donner ce que j’attends. Et qu’attends-je donc Soeur Anne ? Tout simplement de la tendresse, de la disponibilité, de l’attention. One, two, three and I will be happy. Bref, ces petites choses a priori relativement banales qui participent tout de même à la construction des bases solides d’une relation. Pour ma part en tout cas. Car oui, il va s’en dire que nous avons tous des attentes envers l’autre, ne nous leurrons pas. Ne pas les reconnaître ou les admettre c’est se mentir à soi-même. Le seul hic c’est d’éviter d’être en situation d’attente permanente. Et donc de blocage. Avouons qu’au quotidien on attend déjà assez : le bus, la paie, le retour du soleil, à la caisse du Monoprix, la livraison du déjeuner, le café qui coule dans la machine. De même, on attend des relations humaines, professionnelles, amicales ou amoureuses un certain nombre de choses. Si je reconnais volontiers qu’il n’est pas sain d’attendre trop des autres, ne rien n’attendre n’est-ce pas tout aussi discutable ? Mais ne pas avoir d’attentes, n’est-ce pas gage d’une vie plus libre et heureuse ? Il est évident que sans attente, zéro déception. Et puis si on attend me direz-vous, c’est que la personne ne nous donne pas instinctivement ce qu’il nous faut pour être bien.

Afin d’empêcher ce type de situation d’attente particulièrement agaçante pour l’un comme pour l’autre, il faudrait, dans la mesure du possible se sentir déjà bien seul ou en tout cas avoir suffisamment confiance en soi afin de ne pas chercher à ce que l’autre vienne combler un manque. Plus facile à dire qu’à faire. Car si on se sent si bien seule pourquoi donc aurait-on besoin d’être avec quelqu’un ? Est-ce la situation initiale à savoir divorcé avec des enfants qui de toute manière ne pouvait pas me satisfaire à long terme, étant donné que je désire aussi fonder une famille ? Un manque d’investissement des deux parties ? Pourquoi abandonnons-nous aussi vite ? La machine à questions est lancée, vous avez 4H. Et moi je vais prendre rendez-vous chez un psy car je viens de comprendre qu’on est un peu trop nombreuses dans ma tête.

On me répète bien souvent que dans les relations qui durent, la simplicité est le maître mot. Les choses se font naturellement sans que l’on doive finir par s’acheter une perruque car nos cheveux n’ont pas résisté aux multiples prises de tête. Sauf que, ce n’est pas du tout dans la nature de la personne qui écrit ces lignes de se contenter d’une histoire sans vagues. Je ne parle pas ici de tsunami type trahison, manipulation ou jalousie exacerbée. Simplement, j’ai conscience d’avoir une fichue tendance à analyser et tenter par tous les moyens de comprendre l’attitude et le comportement de l’autre. J’ai besoin de le cerner tout en acceptant qu’une large part de lui m’échappe afin de garder une part suffisante de mystère qui me permette de vibrer.  Bon, il est temps de passer à confesse : pour le meilleur et pour le pire je suis née sous le signe du scorpion. Vous avez compris à qui vous avez à faire, ne faites pas cette tête-là. Malgré la tristesse qui inonde mon clavier, je reste persuadée que quelqu’un, un jour proche ou lointain me comprendra et saura lire entre mes lignes un peu brouillonnes. J’espère juste qu’il est déjà né ou qu’il n’a pas déjà un pied dans la tombe. Père Noël si tu lis ces mots, soit compréhensif et fais-moi un beau cadeau pour 2017.

PS : je n’ai jamais douté de ton existence (si ça peut jouer en ma faveur).

 



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