Résolument contradictoire

Résolument contradictoire

“Une fois que ma décision est prise, j’hésite longuement” (Jules Renard).

Les bonnes résolutions, c’est comme le beaujolais nouveau, ça revient chaque année mais finalement tu n’y goûtes jamais ou alors du bout des lèvres. Ballonnée dans ton nouveau jean offert par tatie Jeanne à Noël, tu maudis la naissance de ta mère un 26 décembre qui est systématiquement l’occasion de se faire un marathon culinaire et de ne plus savoir si la dinde est au four ou ta voisine de table. Surtout, tu te mets en tête d’arrêter les bêtises pour de bon. Tu reposes ce 12e toast au saumon et décide que cette nouvelle année, sera TON année. Celle de la reconnaissance et de l’accomplissement de tous les efforts fournis ces derniers mois. Te voilà donc partie à faire une liste longue comme le bras de nouveaux projets à réaliser et autres objectifs qui contribueraient à bouleverser ou du moins améliorer ta vie quotidienne, faite de trop de gras/sucré/salé, de nuits trop courtes, de manque d’amour et de cheveux secs. L’essentiel à ce stade étant de savoir prioriser. Tu commences par des petits choses qui semblent accessibles comme se remettre au sport, manger bio ou apprendre l’italien. Mais prise dans un élan incontrôlable de vouloir prendre ta vie en main, tu te retrouves vite à vouloir éradiquer la faim dans le monde et faire des militants Greenpeace ta nouvelle famille.

2017 ça rime avec… 

Allumette : ce ne sera pas cette année que tu stopperas ta consommation de nicotine même si tu aimerais bien diminuer la dose quotidienne. Le cancer du poumon n’étant pas dans ton top 5 des morts favorites. Reste plus qu’à trouver le substitut…

Balayette : penser à l’utiliser plus souvent afin d’éviter une accumulation de poussière et autres cancrelats qui feraient passer la maison de Casper pour un palace. Effectuer la même opération dans les relations personnelles, qu’elles soient sentimentales ou amicales. Les gens qui te donnent le cafard, non merci.

Catherinette : tu as dépassé ce stade depuis longtemps. Maintenant tu serais plutôt à tendance Bernadette ou Georgette comme feu ton arrière-grand-mère. Et accessoirement le 3e prénom que tes sadiques de parents ont choisi de te donner. Vengeance, j’écris ton nom !

Devinette : comme tu aimes te questionner sur la vie en générale, tu tentes par tous les moyens de deviner et anticiper les éventuels coups durs que les dieux auraient mis sur ton chemin. Puis tu te rappelles que tu n’es pas croyante et donc que ton raisonnement ne tiens pas la route. Finalement, tu continues de croire en toi et c’est déjà pas mal.

Escampette : voyager sans compter, ni ses heures de sommeil à rattraper car tu te seras plantée de train, ni les euros qui s’envolent de ton compte bancaire au plafond si petit qu’on se croirait encore plus à l’étroit que dans une mezzanine sous les toits de Paris.

Facette : tu en as plusieurs et c’est ce qui te caractérise. Tu décides de développer le potentiel de celle qui rigole et qui prend la vie du bon côté. L’autre boudeuse et râleuse tu la réserves pour les jours de pluie. Ah merde tu vis à Paris ? Déménage !

Grimpette : à défaut d’escalader l’homme de ta vie, tu pars courir aux Buttes-Chaumont. L’effet n’est certes pas le même mais au moins tu auras fait l’effort d’aller bouger ta graisse hivernale. FEIGNASSE !

Houlette : se libérer du joug de la hiérarchie, des horaires imposés et des collègues dont tu as toujours la désagréable impression qu’on leur a mis un couteau sous la gorge pour faire leur métier. Devenir son propre patron : un objectif qui te tente sacrément. Laisser plus de place à la créativité et à l’imagination pour un monde meilleur, tous ensemble. (N.B : ne jamais faire de slogan politique. Ni de politique tout court d’ailleurs).

Jeunette : conserver un état d’esprit juvénile, assumer sa tête d’étudiante. Et partir choper du lycéen. Non je déconne.

Lichette : tu apprends à déguster la vie, aussi bien les Apéricube que le caviar. Tu ne fais pas la fine bouche mais tu n’engloutis pas tout ce qu’on te met devant les yeux. Tu saupoudres ton quotidien de belles rencontres, d’amour et d’amitié, d’échanges, de partage et d’envies. Mange, pris, aime pourrait être ta nouvelle devise. Sauf que tu n’es pas Julia Roberts et que tout plaquer du jour au lendemain pour aller laver les marches d’un temple hindou te panique un peu. Comment ça je stresse pour rien ?

Mauviette : on rappelle qui c’est le patron. On ne se laisse pas impressionnée par d’éventuels esprits mal intentionnés. On apprend à dire « non » au lieu de « peut-être » quand on sait qu’on a déjà pris sa décision. On arrête de culpabiliser. Mais on n’oublie pas non plus d’être diplomate. Et on remercie Jean Amadou pour ces belles paroles : « la diplomatie est l’art de dissimuler la sécheresse des propos sous le sirop de la dialectique ».

Oubliette : on fait du tri. Ce qui ne nous convient pas, HOP au cachot ! On avance sans regarder en arrière, car de toute manière ruminer sur son passé ne sert à rien. L’essentiel est de profiter de l’instant présent. Même avec l’avenir on n’anticipe pas trop, au risque d’être déçue. Non, le prochain homme que tu rencontreras ne sera peut-être pas le père de tes futurs enfants mais ce n’est pas pour autant qu’il ne t’apportera rien de positif dans ta vie. Penser à se mettre au yoga pour canaliser tout ça.

Pompette : on prend ses distances avec notre ami répondant au doux nom d’alcool. Enfin, on sé-lec-tionne. Exit le kir, bonjour le champagne. Il n’y a aucun mal à se prendre pour Marie-Antoinette de temps en temps. Attention quand même aux conséquences, il faudrait pas que les bulles nous fassent perdre la tête.

Recette : on met la main à la pâte. On fait des efforts pour sortir du traditionnel combo « salade-pizza-mousse au chocolat ». Et si on le tentait à l’envers ?

Target : on cible de manière cohérente et réaliste son prochain rencard. Et on soudoie Cupidon pour qu’il ne rate pas sa flèche cette fois-ci. Aveugle va !

2017 ça rime aussi avec … Branlette ! Et si au contraire, cette nouvelle année était synonyme de zéro prise de tête. Laisser les choses venir et se faire d’elles-mêmes ? Lâcher-prise en d’autres termes. Dis de cette manière, c’est assez tentant. Reste plus qu’à appliquer la méthode Coué pour pouvoir dire dans un an que cette année était vraiment de la bombinette.



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